J’avais vingt-six ans et j’étais étudiante de français à l’école supérieure de Kristiansand. La veille du jour de l’an, je passais deux heures exitantes et amusantes avec beaucoup d’amies de la classe dans un avion Air France en destination Paris. Nous allions fêter la Saint-Sylvestre dans un club, «Le Montecristo», aux Champs-Elysées. Quelle joie, quelle vie! Nous étions jeunes et aventureuses. La soirée surpassait nos rêves, quelle autre place pour fêter le nouvel an, 1998, et en sachant que les cinq prochaines semaines seraient en sol français, le pays avec la langue la plus belle au monde. Le point culminant pendant cette célébration hypercool au cœur de Paris, c’était une asperation fraîche de champagne versant du haut d’une bouteille d’un jeune homme, en dansant aux rythmes captivants et exotiques. Il y avait des jeunes inconnus aux visages souriants partout, mais il semblait que nous étions tout de même une belle unité d’ivresse (au sens positif) cette date première de l’année.

À Orléans, quelques jours plus tard, une famille française m’a accueilli avec beaucoup de bonté. J’avais choisi de rester chez une famille plutôt que d’habiter dans un internat. Du premier jour en famille, je me sentais comme chez moi. Le soir, la mère de la famille tricotait en regardant la télé et le père de la famille lisait le journal. Moi, je profitais des conversations avec mes nouveaux parents et des nouvelles communiquées à la télé française. J’avais tout d’un coup deux frères et une sœur français, mais seule la fille habitait toujours à la maison. Elle était une lycéenne sérieuse et faisait les devoirs le soir. Le week-end, je rencontrais mes frères aussi, et en plus j’ai rencontré les voisins pour boire un verre. Je n’oublie pas que je faisais de la couture sur la robe de la grand-mère pendant le séjour, j’avais une vraie responsabilité familiale et j’en étais fière. Leur maison était située en dehors de la ville, donc elle était assez grande et j’avais une belle chambre violette foncée et je me souviens très bien du parfum que j’utilisais ces cinq semaines; Loulou Bleu, Cacharel Paris. Je garde toujours la bouteille bleue et vide dans ma salle de bain en Norvège comme un souvenir précieux vingt ans plus tard.

J’ai suivi des cours à l’université d’Orléans avec mes amies de classe norvégienne. C’était absolument intructif et intéressant, et j’ai beaucoup appris, mais ce sont les moments en famille et après l’école qui restent dans ma mémoire. J’y ai vu le film Titanic avant qu’il est venu en Norvège, un autre souvenir mémorable dans plusieurs manières; Leonardo DiCaprio a parlé le français couramment et sans faute grammaire ou prononciale! Wow! En plus, le film était très dramatique, romantique, et hélas; triste. Nous avons pleuré, en France. En quelque sorte, Titanic, la vraie histoire tragique, elle est devenue aussi impressionnante que la vraie histoire tragique de Jeanne d’Arc, héroïne de la ville d’Orléans, morte au bücher. En parlant des choses graves, j’ai trové que c’était un peu exagéré quand ma famille m’a proposé d’aller chez le docteur quand j’étais un tout petit peu enrhumée, peut-être j’avais seulement un peu de toux. Pour moi, comme Viking norvégienne, j’ai trouvé que c’était une situation normale mois de janvier, mais il semblait que j’avais besoin d’aide professionelle selon la tradition française. C’était un élément nouvel et surprenant, mais sûrement un bon geste de la part de ma nouvelle famille française.

Étant donné que j’étais un peu enrhumée, j’ai dit non quand ma mère d’accueil m’a demandé d’aller avec elle au gym pour faire de l’aérobic (que j’adore), mais il y avait des autres propositions, par exemple je suis allée avec la famille pour voir une autre maison qu’ils étaient en train de construire pour location et plus tard donner aux enfants. Une chose qui m’a beaucoup surprise, c’était que la mère de la famille ne faisait pas le même plat/repas pendant les cinq semaines que j’ai resté chez eux. Il y avait un très bon petit déjeuner français, au moins trois plats pour le déjeuner les week-ends et au moins trois plats pour le dîner. Il y avait des arômes séduisants dans la cuisine et ils ont absolument répondu aux attentes. Je suis devenue une personne qui aime faire de bons repas pour des autres aujourd’hui. Je souhaite que mes invités vivent le même bonheur que j’y ai senti. Mon rêve, c’est d’être la patronne d’un restaurant au style français, mais pour le moment je suis contente d’être professeure pour les élèves qui apprennent ce métier au lycée de Sogndal, au fond du fjord le plus long en Norvège.

À la fin du séjour, il y avait une attribution de diplômes dans un beau château dans un petit fôret. C’était solennel et tout le monde était bien habillé. On a bu du champagne et on a mangé des canapés. Il y avait des discours de la part de l’université d’Orléans et de la section norvégienne. Je me souviens que mes amies trouvaient que ma mère d’accueil était très belle et élégante, et qu’elle portait une tenue en rouge avec des rayons oranges qui en effet est à la mode ce printemps en Norvège. Je gardais le contact avec la famille d’accueil à Orléans pendant plusieurs années, on a envoyé des cartes de Noël/de nouvel an, et j’étais au Facebook avec la fille dans la famille. En plus, j’ai rencontré les parents lors d’un séjour à Chartres avec des élèves norvégiens dix ans plus tard. Ils sont venus pour me voir, et au café on s’est amusé et on a parlé ensemble. J’ai eu des nouvelles de la part de leurs enfants. Je croyais qu’un voyage d’Orléans à Chartres était facile et vite fait (en 2008), mais ils m’ont expliqué que ce n’était pas le cas. Je suis très reconnaissante pour qu’ils sont venus, cela veut dire que le plaisir de la connaissance n’était pas seulement de mon côté. Ils m’ont dit que leurs enfants avaient profités des familles d’accueils à l’étranger et qu’ils souhaitaient faire la même chose pour payer de retour. C’est un très bon geste, et j’en suis heureuse, – quelle chance que c’était moi qui en a profité.