Nombreuses sont les familles qui jonglent au quotidien entre deux langues, voire plus. Souvent, ces familles nous demandent comment cela se passe pour les enfants et la manière optimale de vivre cette situation. Ils viennent nous voir pour des conseils et, bien sûr, pour nos cours de français afin de stimuler l’usage du français à la maison.

Magali, qui travaille au service des cours et qui a une expérience personnelle sur le sujet, a bien voulu répondre à nos questions. Elle est française, son mari est norvégien et ils habitent à Oslo où ils élèvent leur fille Victoria, qui a 7 ans et elle jongle au quotidien entre ses deux langues. Voici son expérience.

 

Depuis quand es-tu en Norvège?

Je me suis installée en Norvège pendant l’hiver 2002, un hiver très froid, un contraste énorme avec la côte ouest des États-Unis où j’avais commencé ma carrière au doux soleil californien.

Que fais-tu à l’Institut Français?

Je suis la coordinatrice pédagogique et la responsable qualité du centre de cours.

Ta fille est franco-norvégienne, comment jongle-t-elle entre les 2 langues?

Ma fille Victoria, qui a maintenant 7 ans, passe sans problème du français au norvégien, du norvégien au français, ses langues de jeux, rêves, chansons, lectures, plaisanteries, lectures etc. Elle a toujours été exposée aux deux langues, les a toujours très bien comprises, mais pas toujours exprimées de manière équivalente. 

Pourquoi est-ce important pour toi que ta fille parle français?

Mes raisons intimes sont d’ordre émotionnel, familial et culturel. Pouvoir partager et communiquer avec son enfant dans sa langue maternelle est un bonheur que les familles monolingues ne réalisent probablement pas. Il était aussi très important pour moi que ma fille se sente à l’aise en France, dans sa famille française et dans les cultures françaises et francophones.

Par ailleurs, habitant en Norvège, où la langue française est très minoritaire (sauf peut-être dans le quartier de Frogner à Oslo!) et où le français est enseigné relativement tard à l’école, parler le français (et d’autres langues aussi bien sûr) me semble absolument indispensable d’autant plus que le norvégien étant une langue germanique et peu parlée dans le monde. Cela est utile, enrichissant, favorise la flexibilité intellectuelle et encourage la tolérance.

Quels conseils donnerais-tu aux familles franco-norvégiennes?

Tout d’abord, ne jamais se décourager ! Même si utiliser sa langue à l’étranger est fatiguant ou difficile. Même si l’enfant répond dans une autre langue ou “exige” qu’on lui parle dans cette autre langue. Même si votre enfant bilingue/ multilingue parle plus tardivement et ne semble pas maîtriser “ses langues” de manière égale. Cela n’a pas la moindre importance.

Ensuite, faire comprendre à l’enfant à quel point c’est leur important pour eux, à quel point cela leur fait plaisir qu’il parle leur langue. En grandissant, on peut aussi plus facilement valoriser son bilinguisme/multilinguisme, discuter de la manière dont cela enrichit son identité.

Enfin, il est capital de socialiser l’enfant dans des situations variées d’apprentissage et de communication en français.

À l’aube de ses 3 ans, imbibée de norvégien au jardin d’enfants, je m’inquiétais un peu que ma fille me parle relativement peu en français. Je l’ai alors inscrite au cours Oursons à l’Institut Français et, très rapidement, sa langue s’est dénouée. Je l’ai aussi régulièrement inscrite à des activités et à des stages vacances en français. Et bien sûr nous avons régulièrement rencontré des amis ou des familles francophones. Avec de bons alliés et de l’organisation, tout est possible ! 🙂

 

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